Personne ne connaît son nom: Klatsassin et la guerre de Chilcotin
   
 

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Document traduit

Waddington et Bute Inlet

The British Columbian, 18 juin 1864

« Pauvre Waddy. » Si une preuve supplémentaire de l’esprit malade du vieil homme était nécessaire, du moins en ce qui concerne une situation dont il semble n’être qu’une malheureuse victime, nous la présentons ici dans sa plus récente tentative d’expliquer les circonstances qui ont mené au massacre d’un certain nombre de ses hommes près de Bute Inlet. Dans une lettre publiée lundi dernier dans le British Colonist, après un départ florissant, il lance cette affirmation générale: « J’affirme une fois pour toute que la vraie cause du massacre de Bute Inlet n’a rien à voir avec l’attitude des victimes, qui n’ont ni maltraité ni provoqué les assassins par un comportement inapproprié ou injustifié; et je vais prouver le contraire. » Ensuite, après avoir affirmé – ce que nous nions complètement, et que le public ignore totalement – « que les seuls responsables du massacre étaient des Indiens chilcotins du haut pays qui n’étaient jamais descendus à Bute Inlet avant » il soutient, comme preuve principale, une supposée rencontre entre le lieutenant Palmer R.E. et les Indiens à Bentinck Arm en 1862. Malheureusement pour M. Waddington, ce qu’il décrit ne s’est jamais produit! C’est de la pure invention. Nous n’avons ni le temps ni la patience pour nous attarder à ces « preuves », mais nous offrons la première à titre d’exemple. Cette attitude trahit de bien grandes suppositions, sinon de la faiblesse, de la part de M. Waddington de croire que le public aura plus confiance en des affirmations ex parte faites par un homme profondément et directement impliqué dans le sujet dont il traite plutôt que dans le résultat d’une enquête judiciaire menée par un officier absolument au-dessus des influences de l’intérêt personnel. Cette enquête a mené à la certitude que la cause principale, sinon la seule, de ce massacre était le traitement subi par les Indiens aux mains de ceux qui sont devenus les victimes de leur vengeance.

M. Waddington prétend qu’une des causes du massacre est que les Blancs ont transmis une certaine contagion aux Indiens de Bella Coola, laissant ainsi croire que ses hommes avaient reçu un châtiment destiné à d’autres. Malheureusement pour son appel, il n’est toutefois pas nécessaire d’aller à Bella Coola pour trouver une provocation qui, tel qu’il l’admet, est liée au massacre, car il y a de nombreuses preuves que ses hommes se sont adonnés au même vice, ce qui a provoqué les conséquences habituelles. Mais pourquoi M. Waddington a-t-il changé d’idée? Il y a quelques semaines, il disait que la cause du massacre était l’opposition des Chilcotins au passage de la route sur leur territoire. Il invente maintenant une liste de causes sans fondement. Mais pourquoi s’étendre sur le manque de sincérité adopté par les défenseurs de Bute Inlet. Ce qui suit, extrait de Good Words, décrit exactement leur position actuelle, et nous leur recommandons respectueusement d’en faire une lecture attentive :

« La dinde est une volaille stupide; les Français qualifient de dindon quelqu’un que nous qualifions, avec moins de convenance, d’oie, qui est loin d’être un oiseau stupide. On dit qu’en Amérique ils capturent les dindes sauvages grâce à leur stupidité. Dans le bas d’une petite pente, on dissimule un enclos qui est fabriqué avec des branches. Dans la partie la plus basse, on laisse une ouverture assez grande pour une dinde et on met du maïs à l’intérieur et à l’extérieur de l’enclos pour attirer la dinde à l’intérieur. Une fois à l’intérieur, elle pourrait s’échapper tout simplement en redescendant pour sortir par l’entrée. Mais, plutôt que d’agir ainsi, elle frappe vainement contre les côtés de l’enclos, jusqu’à ce que le trappeur vienne et la tue.

Plusieurs bipèdes sans plumes agissent comme ces dindes. Lorsqu’il est clairement prouvé que votre opinion est erronée ou que vous avez fait un pas dans la mauvaise direction, la conduite à adopter est manifestement de l’admettre, de vous rétracter et de revenir sur vos pas. Mais la plupart des hommes ressemblent trop aux dindes pour agir ainsi. Habituellement, lorsqu’un homme se retrouve dans un enclos, et qu’il n’y a pas d’issue, plutôt que de descendre et faire sienne l’erreur, et se sortir du pétrin comme il y était entré, il aura recours à toutes sortes de ruses. Il insistera sur le fait qu’il avait raison depuis le début, mais que certaines personnes ou certaines circonstances ont changé. Il insistera peut-être pour nier avoir dit telle ou telle chose, ou il affirmera qu’il a été mal compris. N’importe quoi, sauf se rétracter et admettre l’erreur.

Mais voilà, un homme qui admet une erreur franchement sera applaudi pour sa franchise et son bon sens; peut-être même plus que s’il avait évité l’erreur. Cela dit, même cette reconnaissance n’incitera pas la majorité des hommes à suivre un principe aussi sage et ingénieux. Ils sont bien trop dindes. »

Source: "Waddington et Bute Inlet," The British Columbian, 18 juin 1864.

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