Aurore — Le mystère de l'enfant martyre
   
 

Montréal, le 21 fév. 1920

Rapport de l’analyse toxicologique des viscères de «Aurore Gagnon». L’autopsie a été faite par M. le Dr A. Marois et les viscères ont été expédiés au laboratoire médico-légal, par ordre du Coroner de la ville de Québec, M. le Dr W. Jolicoeur.

Les renseignements fournis par le médecin autopsiste, nous laissant croire à la possibilité de l’ingestion d’un poison irritant, nous nous sommes attachés à rechercher surtout cette classe de poisons. Dans une analyse systématique, aucun des poisons suivants ne peut nous échapper : le mercure (sublimé corrosif), le plomb, le cuivre, l’arsenic, l’antimoine, le zinc, l’alumine, le manganèse, la potasse, la soude et l’ammoniaque, etc. Vu l’absence de ces poisons métalliques, nous avons recherché les irritants acides ainsi que l’iode, etc. dans le liquide stomacal; mais nous n’avons encore trouvé aucune trace de ces poisons. Nous avons alors dirigé nos recherches du côté des alcaloïdes qui, bien que peu irritants par eux-mêmes, peuvent parfois être mêlés à toute autre substance.

Après extraction par la méthode de Stas-Otto, modifiée par Ogier, le résidu a été soumis aux réactifs généraux des alcaloïdes, ainsi qu’à une douzaine au moins, de réactifs spéciaux; ceux-ci couvrant la série principale des alcaloïdes usuels. Or, nous n’avons pas trouvé de trace d’alcaloïdes.

Conclusion.

L’analyse des viscères de Aurore Gagnon a montré l’absence de poisons.

Dr Wilfrid Derome
Directeur du laboratoire médico-légal

Source: ANQ, , TP9, S1, SS1, SSS999, 1960-01-35769, 3B 023 03-05-002A-01, Cour du banc du roi, assises criminelles, district de Québec, Rapport sur l'analyse toxicologique des viscères d'Aurore Gagnon, février 21, 1920, 2.

Retour à la page principale

 
les grands mystères de l'histoire canadienne