Lettres

Avant l’invention du téléphone et des moyens de communication électroniques tels que les courriels, c’est principalement par lettres que l’on communique. Une lettre peut en dire long sur un individu. Les fautes d’orthographe, par exemple, sont chose courante dans les lettres écrites par des gens peu instruits. Les lettres peuvent aussi nous en apprendre sur la société en général. Ainsi, les lettres que les immigrants envoyaient aux membres de leur famille restés au pays natal décrivent la vie de fermier en Ontario au dix-neuvième siècle.

La grande majorité des lettres utilisées sur ce site Web proviennent du livre de copies de lettres de Charles Hutchinson, un influent avocat de London. Avant l’avènement des photocopieurs et des ordinateurs, on copiait les lettres à la main. Pour les avocats, les gens d’affaires et autres professionnels, ainsi que pour les agents gouvernementaux comme l’officier principal d’immigration, il était important de garder copie des lettres reçues et expédiées pour la tenue des registres. Voilà à quoi servaient les livres de copies de lettres. En général, ces lettres ne sont pas de nature confidentielle puisqu’elles étaient utilisées pour la tenue de dossiers plutôt qu’à des fins personnelles. Les livres de copies de lettres de Hutchinson tiennent davantage des registres gouvernementaux officiels que des lettres personnelles. Le papier de la plupart de ces documents est très fin et fragile et avec le temps l’encre a souvent maculé la page, rendant la lecture très difficile. Heureusement, les copies du livre de Hutchinson se retrouvent dans les papiers de la famille Donnelly dans les archives de l’University of Western Ontario.

Ce site Web contient aussi des lettres personnelles comme celles qui relatent l’affaire de cœur entre Margaret Thompson et William Donnelly. Les auteurs de telles lettres ne les ont pas écrites dans l’intention que le public les lise et n’ont fort probablement jamais imaginé que leur correspondance serait préservée dans une collection comme les Archives nationales du Canada. Ces lettres sont très utiles aux historiens qui s’intéressent à l’histoire sociale d’une époque donnée.

Comme avec tout autre genre de source, peut-être même encore davantage, les historiens doivent être prudents quand ils utilisent les lettres (et en particulier les lettres personnelles) comme sources. Parfois, les lettres ne sont ni datées ni signées; souvent, il est difficile de déchiffrer l’écriture d’une personne et plusieurs lettres ont subi les effets du temps. Plus important encore, les auteurs de lettres peuvent avoir oublié des détails, avoir exagéré ou carrément menti.

Les archives conservent en général les lettres personnelles de gens influents comme les premiers ministres, mais il est moins fréquent de voir les lettres de gens moins connus préservées systématiquement. Quelquefois cependant, certaines personnes ou des membres de leur famille font don de lettres personnelles aux bibliothèques.