REMOUS À LUCAN

Ce que M. Porte, l’habitant de Lucan dont il est question, déclare.
IL ALLÈGUE QUE LES ACCUSATIONS SONT FAITES PAR RANCUNE.

Dans le numéro d’hier sous le titre « Encore des remous à Lucan », un gentleman influent de Lucan a été accusé d’avoir de temps à autre écrit des lettres à Patrick Donnelly, de Thorold, un des frères de Wm. Donnelly. C’est S. L. Everett, l’ancien constable de Lucan, qui s’évertue à faire circuler ces rumeurs, et l’accusé n’est nul autre que M. Wm. Porte, le maître de poste de Lucan. Notre journaliste s’est entretenu avec M. Porte, qui est en ville aujourd’hui, qui admet avoir écrit plusieurs lettres à Patrick Donnelly, de temps à autre mais que ces lettres ont toutes été écrites bien avant la tragédie et, qui plus est,

M. PORTE NIE TOTALEMENT

avoir mentionné aucun crime d’aucune façon que ce soit dans ces lettres, et qu’il s’agit d’une basse calomnie de la part d’Everett pour l’offenser lui et sa famille, et défie Everett ou quiconque de montrer quelque correspondance dans laquelle pourrait apparaître l’ombre d’insinuations aussi scandaleuses.

M. Porte admet volontiers avoir écrit des lettres à Patrick Donnelly, mais que toutes ces lettres étaient de nature professionnelle. Il se peut qu’il ait mentionné de temps à autre dans ces lettres qu’il était peiné devant les histoires qu’il (M. Porte) avait entendues au sujet des frères de Patrick à Biddulph, et croit que dans ces lettres il a plus d’une fois

IMPLORÉ PATRICK DONNELLY

de venir ici et d’emmener ou de se débarrasser de son frère William, qui devenait une terreur dans la localité. M. Porte est très profondément affecté par ces insinuations contre lui et exige que le calomniateur de sa bonne réputation se présente à lui comme un homme et montre ces lettres ou qu’il se taise à jamais. Dans les environs de Lucan, tout le monde sait que pendant plusieurs années, Everett a été l’ennemi juré de M. Porte et a saisi chaque occasion pour manifester cette animosité. En fait, il faut dire qu’ils ne peuvent pas se voir en peinture ni l’un ni l’autre et pour un certain temps, les deux hommes ont été très méfiants l’un envers l’autre, et prenaient avantage de la moindre étourderie ou bévue pour l’exagérer mille fois. La petite friction, qui s’est produite il y a quelques années entre les deux hommes, a atteint quelques semaines plus tard

UNE TRÈS VIVE INTENSITÉ,

alors que le constable Everett a pris avantage de M. Porte dans un moment de faiblesse, et l’a emmené au poste d’une manière très rude et violente dans la célèbre prison de Lucan sous accusation d’ivresse. Il est généralement admis qu’Everett a commis à ce moment un abus de pouvoir en l’emmenant au poste de cette façon. Quoi qu’il en soit, depuis ce malheureux incident, les deux hommes ont manifesté la plus violente animosité l’un envers l’autre, et ils n’ont laissé passer aucune occasion d’attaquer vivement l’adversaire. Everett, de son côté, a porté des accusations répétées contre M. Porte, dans l’espoir de l’évincer du bureau de poste, et M. Porte a, quant à lui, tout fait pour démettre M. Everett de son poste de constable. En fait, M. Porte a réussi à atteindre ce but. Et maintenant, ce serait, apparemment, l’idée d’Everett d’embêter son ennemi de longue date de toutes les façons possibles, en exhumant des lettres mortes, qui ne réussiront qu’à agiter une fois de plus la population entière à propos des problèmes des Donnelly, en créant encore des remous à Lucan.

Source: Unknown, "The Lucan Sensation — What Mr. Porte, the Lucanite Referred to, Says," London Advertiser, novembre 24, 1880.

Retour à la page principale