Les enquêtes du coroner

Au début du vingtième siècle, le coroner était un représentant officiel attitré par la Couronne pour organiser et mener des enquêtes dans des cas de morts violentes ou suspectes. Les personnes nommées au poste de coroner avaient des antécédents fort variés. Souvent, ces nominations étaient motivées tant par les connaissances en droit ou en médecine du candidat que par ses allégeances politiques. Le coroner était libre de choisir n’importe quel lieu comme salle d’audience, pourvu que l’endroit soit suffisamment spacieux pour accueillir les jurés, les experts, les représentants officiels, les témoins, et souvent, les dépouilles des défunts. L’enquête menée le lendemain de la mort d’Ada et de Clifford Redpath, par exemple, a eu lieu dans la maison Redpath. Les coroners sélectionnaient et assermentaient les jurés, interrogeaient les experts et les témoins et élaboraient les rapports médicaux clés, comme les autopsies.

Une version écrite de la déposition des intervenants et du verdict était préparée à l’avance sur des formulaires spéciaux et était souvent retranscrite en temps réel par un officier de la Couronne. Ce genre de retranscriptions comportait le risque que des erreurs se glissent dans les déclarations des experts et des témoins. En définitive, les enquêtes du coroner servaient à déterminer si le ou les décès étaient naturels, non naturels ou criminels. Dans le cas où le décès s’avérait de nature criminelle, l’enquête du coroner menait à des procédures judiciaires visant à identifier le ou les coupables.