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Description des Canadiens selon l’intendant Hocquart, 1737.

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Memoire

[ Le Canadien, Anonyme, Ville de Montréal. Gestion de documents et archives  ]

[...]
Les Canadiens sont naturellement grands, bien faits, d’un Tempérament vigoureux, comme les Arts ny sont point gênez par des maitrises et que dans les Commencements de l’Etablissement de la Colonie les ouvriers estoient rares, la necessité les a rendus Industrieux de generation en generation, les habitans des Campagnes manient tous adroitement la hache, ils font Eux même la pluspart des outils et ustenciles de Labourage, batissent leurs maisons, leurs granges; plusieurs sont tisserans, font de grosses toiles, et des Etoffes qu’ils appelent droguet dont ils se servent pour se vetir eux et leur famille.

Ils aiment les distinctions et les Careses,

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se piquent de Bravoure, sont Extremement sensibles aux mépris et aux moindres punitions ; ils sont Interessés, vindicatifs, sont sujets a l’yvrognerie, font un grand usage de l’Eau de vie, passent pour n’Estre pas veridiques. Ce Portrait convient au grand nombre particulierement aux gens de la Campagne, ceux des villes sont moins vicieux, tous sont attachés a la Religion, on voit peu de Scelerats, ils sont volages, ont trop bonne opinion d'Eux mêmes ce qui les Empesche de reussir comme ils pourroient le faire, dans les arts, L’agriculture et le Commerce. Joignons a cela L’oisiveté a laquelle la Longueur et la Rigueur de l’hyver donne occasion : ils aiment la Chasse, la navigation, les Voyages et n’ont point l’air grossier et rustique de nos paysans de france. Ils sont Communement asséz souples Lorsqu’on les pique d'honneur et qu’on les gouverne avec Justice, mais ils sont naturellement Indociles. [...]

Source: France. Archives nationales, Fonds des Colonies. Série C11A. Correspondance générale, Canada, vol. 67, fol. 95-95v, Hocquart, Gilles, Description du caractère des Canadiens, 1737.

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